Formation des imams à l’Université pour réduire les risques de radicalisation, non au chantage !

L’Université Paris II – après les universités de Lyon, Lille ou Toulouse – dispensera, dans un ou deux ans, 150 heures de cours dans un cursus dont le nom n’est pas tout à fait arrêté mais dont on sait qu’il servira à former des imams mais aussi des « aumôniers d’autres cultes aux risques de radicalisation » (attention aux risques venant des aumôniers des autres cultes bien sûr !), afin de leur apprendre l’histoire juridique et religieuse de notre pays, sociologie, libertés fondamentales, etc…

Cette comédie est tout à fait ridicule. Tout d’abord, elle repose sur un mensonge : prétendre viser les aumôniers de tous les cultes alors qu’absolument tout le monde sait que si elle devait avoir la moindre utilité, c’est vis-à-vis de l’Islam, et seulement vis-à-vis de l’Islam. Les prêtres chrétiens consolent les âmes et distribuent les sacrements depuis dix-neuf siècles dans ce pays (qu’ils ont vu naître). Mieux encore : c’est l’Eglise qui a créé l’Université ! Sans compter que les prêtres catholiques reçoivent déjà une formation de six ans dans des séminaires dont le niveau n’a, pour certains, rien à envier aux universités.

Du reste, pour ce qui est des Juifs, des Bouddhistes, des Hindous, on ne comprend pas très bien où se trouve la radicalisation et quels problèmes elle est censée causer en France, aujourd’hui.

Mais c’est surtout sur le principe qu’une telle formation qui est absurde. L’Islam est une religion, une doctrine fixée depuis des siècles, qui a une définition et se pose – c’est logiquement le cas de toute religion – comme l’expression d’une vérité absolue. Quelle marge de manœuvre pourra bien avoir l’Université Paris II Panthéon-Assas, ou tout autre établissement de l’enseignement supérieur ? Quelle influence pourra-t-elle avoir sur la vérité absolue des imams suivant ces cours ? De quelle manière pourra-t-elle influer en quoi que ce soit sur la perception qu’on les imams de leur propre religion ? Va-t-elle modifier des textes ? Réformer et censurer les parties politiquement incorrectes du Coran ? Et si elle ne fait pas ça, si elle se limite à enseigner le droit et la sociologie, quel rapport avec la radicalisation ? Si une personne voit notre pays comme un cratère d’immondices, en quoi connaître des bribes de notre droit patrimonial va-t-il la faire changer d’avis ? Le Code civil serait-il en fait un philtre d’amour pour la France ? Contient-il des formules magiques secrètes qui « dé-radicalisent » quiconque les entend ou les lit ?

Quand bien même, admettons que par extraordinaire, par opération, pour ainsi dire, du Saint-Esprit, des imams bien conformes aux normes républicaines et européennes sortent de cette formation, comme c’est le projet, qui les écoutera ? Que ce soit dans les pays musulmans ou en France, ou même partout dans le monde, les prêtres « jureurs » n’ont jamais eu le moindre crédit auprès des fidèles. Au mieux ils sont ignorés, au pire ils sont appelés traîtres avec toutes les conséquences fâcheuses que cela peut avoir par les temps qui courent.

Enfin, est-ce le rôle de l’Etat que de former les religieux ? Il faudrait une fois pour toute se mettre d’accord, l’Etat est-il laïque ou non ? Est-il vrai, oui ou non, qu’il ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ? Si c’est bien toujours le cas, pourquoi le contribuable devrait-il payer 150 heures de formations à des imams au prétexte qu’ils ne sont pas capables de se modérer eux-mêmes, comme n’importe quel individu correctement éduqué ? Soit ils font des prêches appelant à la haine et au meurtre et dans ce cas ils doivent être jugés et mis hors d’état de nuire ou renvoyés du territoire s’ils sont étrangers, soit ils n’appellent ni à la haine ni au meurtre et on les laisse en paix. Ce ne sont pas des enfants, ni des crétins, ce sont des gens responsables de leurs actes. Justifier cette formation par un risque de radicalisation constitue un chantage manifeste. C’est céder face à la menace, « soit vous payez pour leur formation, soit il se radicalisent ». C’est également un facteur de déresponsabilisation choquant. S’ils veulent faire des études de sociologie, de droit, de lettres, d’économie, rien ne les en empêche, il suffit d’avoir passé le bac et de disposer de 500 euros pour toute une année.

Bref, la création de ce cursus est non seulement malhonnête, mais est en outre une dépense stérile de temps, d’argent et d’énergie au service d’un objectif complètement irréaliste, aux dépens d’autres mesures bien plus urgentes.

L’Union des Etudiants Patriotes regrette que l’Université, école de réflexion, se soit mêlée à cette pitoyable pantomime politicienne. Nous nous engageons, avec l’appui des étudiants et des professeurs, à faire campagne contre la mise en place de ce type de formation dans l’enseignement supérieur.

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