Sainte Rita, un parking et des HLM

Si les JT nationaux n’étaient pas votre seule source d’information, il était difficile ces deux derniers jours d’échapper au bruit du scandale de l’évacuation de l’église Sainte-Rita, à la hauteur du nombre d’arguments qu’il y a à opposer à son remplacement par des HLM et un parking : le fait qu’elle était un lieu de vie, à l’époque où elle était tenue par des gallicans comme aujourd’hui par des catholiques romains, qu’il s’agit d’une église néo-gothique construite au début du XXè siècle plantée à côté des locaux herculéens – eux architecturalement laids – d’une annexe de l’UNESCO, le fait enfin qu’elle était un havre de spiritualité qui, au milieu des innombrables Carrefour et Franprix, n’était pas de trop.

Mais il reste un argument que l’on a trop oublié et qui est, sans doute, une des clés du soutien du maire du XVe Philippe Goujon : en construisant des logements sociaux, il s’agit une nouvelle fois de modifier la sociologie du XVe arrondissement, quasiment le dernier à accueillir des familles françaises de souche de classe moyenne. Qui aura accès à ces logements sociaux ? On n’en doute pas : des électeurs d’Anne Hidalgo. L’UNESCO pour le prestige américain de Paris, des HLM pour les étrangers du tiers-monde, voilà une politique qui a le mérite d’être claire. S’il s’agissait seulement de piétiner la spiritualité, on pourrait au moins apprécier la cohérence d’un projet pleinement intégré à l’idéal de société de consommation, mais demain, peut-être, une mosquée poussera dans ce quartier, soutenue par la mairie, et la transition aura été faite.

En attendant, la résistance continue. Contre l’avenir que les héritiers de mai 68 ont voulu donner à la jeunesse, c’est elle qui, usant de tous les nouveaux moyens de communications, a fait retentir l’affaire. Elle a été dans l’église autant que sur les réseaux sociaux et, à la différence des manifestants contre la loi Travail, elle n’a pas craint d’interrompre ses vacances estivales pour des revendications d’un ordre assez élevé pour qu’elles ne soient pas oubliées sur le sable des plages que mai 68 réclamait.

Un leetchi – dont nous assurons l’authenticité – a été lancé pour soutenir son maintien et nous convions naturellement nos lecteurs à s’y joindre, à cette adresse : leetchi.com

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