Réforme de l’Université : vers une sélection en master 1 ?

La ministresse de l’enseignement supérieur Najat Vallaud-Belkacem a annoncé lundi dernier vouloir réformer le master pour la rentrée 2017. Il serait question de souder la 1re et la 2e année du grade master, deuxième étage du système européen LMD. La ministresse reste cependant opposée au principe même de la sélection à l’université, qu’elle voit comme « une barrière et un frein ».
La volonté de donner davantage de cohérence au grade master est louable, mais doit nécessairement s’accompagner d’une sélection des étudiants. C’est le seul moyen pour les diplômes universitaires d’être attractifs sur le marché du travail, à l’heure où toutes les autres formations sélectionnent les meilleurs éléments (classes préparatoires, grandes écoles, IUT). Najat Vallaud-Belkacem semble vouloir faire disparaître toute forme de contrôle des compétences dans notre système d’instruction, de la maternelle au doctorat. Elle pense ainsi atteindre l’objectif annoncé de « 25% d’une génération au niveau de master ». La dernière fois que ce genre de d’objectif quasi soviétique était formulé, c’était en 1985, et Jean-Pierre Chevènement rêvait de 80% de bacheliers au sein d’une génération de Français. Trente ans plus tard, l’objectif est atteint, le bac ne vaut plus rien sur le marché du travail et n’est plus qu’une formalité onéreuse et sans intérêt, ni pour les lycéens, ni pour les professeurs. La même chose risque d’arriver pour le master si la ministresse réussit à imposer ses objectifs. Sans contrôle des compétences, le niveau des diplômés de master baissera, le chômage des jeunes s’aggravera, et le rayonnement de la recherche et de l’enseignement en France faiblira encore.
En l’absence de sélection réelle et efficace au niveau du bac, il est urgent pour l’avenir de l’Université française de laisser les facultés libres de déterminer les critères de progression dans le système LMD. La sélection des étudiants doit être rendue possible en master, et plus encore en licence. Il est dommage que le ministère de l’enseignement supérieur évite cette problématique et se contente d’effets d’annonce déconnectés de la réalité.

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