Tirage au sort des étudiants: votre avenir se joue à la loterie

Nous savions la classe politique en général prompte à diluer la responsabilité des choix qu’elle fait et rétive à l’assumer. Pourtant, nous n’imaginions pas qu’elle irait jusqu’à confier l’avenir académique, pour ne pas dire professionnel, des jeunes générations au hasard. C’est pourtant ce qui se passe. En effet, aux dernières nouvelles, face aux difficultés d’accueil, le choix final des personnes admises en première année d’université se fera au sort.

La mesure avait d’abord été prise par décret avant d’être fort heureusement écartée par le Conseil d’Etat. Mais ce que nous prenions pour un coup de folie passagère s’avère être bel et bien une volonté ferme de déconnecter toujours plus l’obtention des diplôme d’avec le travail fourni.

La politique jusqu’ici avait été de rendre le bac de plus en plus facile à décrocher, permettant ainsi, depuis 20 au moins, à plus de 80% d’une classe d’âge d’entrer en première année d’université. Ensuite, tout a été fait pour abaisser le niveau des diplômes supérieurs par la capitalisation des matières, notamment. Mais l’obsession égalitaire a fini par rencontrer sa limite physique: il n’y a littéralement plus assez de place dans les amphis de France pour accueillir le flot continu d’étudiants.

Une solution naturelle et parfaitement cohérente avec l’esprit des études supérieures aurait été d’instituer une sélection à l’entrée, à défaut de tout simplement revaloriser le Bac qui semble un tabou insurmontable. C’est ce que nous proposons et ce pourquoi nous nous battons.

Pourtant le gouvernement a choisi d’imposer la solution la plus absurde et injuste: le tirage au sort. Oh! Certes cela n’aura d’effet qu’à la marge! Pour le moment du moins. Mais le simple fait d’introduire ce critère insensé, là ou précisément, plus que partout ailleurs, ne devrait compter que le mérite et les aptitudes du candidat, est un précédent dangereux. D’autant plus dangereux, que nous savons maintenant à quel point ce genre de mesure n’est qu’un premier pas ouvrant la marche d’un très long chemin.

Si le tirage au sort nous parait en l’occurence particulièrement impropre, nous ne sommes pas contre son utilisation dans d’autres cas. Par exemple, comme à Athènes, nous pourrions décider qu’une partie de l’Assemblée Nationale et du Séant serait tiré au sort. Après tout, n’avons nous pas beaucoup trop d’élus?

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