Levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen : le va-tout des cuistres

La levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen est, à première vue du moins, légalement conforme. Elle n’en est pas moins une fraude, et même une double fraude.

D’abord une fraude à la démocratie. L’immunité des députés, français comme européens, vise justement à protéger leur liberté d’expression, sans laquelle les institutions démocratiques sont vaines. Il est donc d’autant plus scandaleux que cette immunité soit levée pour des faits ne relevant ni de l’injure, ni de la diffamation, ni de l’appel à la violence ou à la discrimination. Pire, ce n’était que de l’information : l’image d’un homme assassiné par l’État Islamique, notre ennemi.

Mais c’est surtout une fraude à la liberté. Cette loi interdisant la diffusion d’image violente (article L 222-33-3 du code pénal) ne s’applique que si celui qui la diffuse est l’auteur de l’acte violent que montre l’image, ou son complice. Elle n’a aucune raison de s’appliquer à celui qui dénonce ces actes ! La loi prévoit même expressément que cet article n’est pas applicable lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public.

Le fait même qu’une exception soit prévue en raison de la fonction de l’auteur de la diffusion prouve que, dans l’esprit de la loi, ce n’est pas la diffusion de l’image qui pose un problème, mais l’intention qui la motive. Or, de manière parfaitement hypocrite, on prétend ici punir quelqu’un qui non seulement pourrait parfaitement être compté dans les exceptions sus-évoquées, mais qui en outre ne faisait qu’informer les citoyens sur un danger les menaçant.

Plutôt que de se battre, le système de l’oligarchie européenne préfère ne rien voir et souhaite désormais condamner ceux qui préviennent du danger qui menace l’Europe. Les députés européens n’ont aucun égard pour nous, qui sommes la chair à canon de leurs utopies. Ils ne veulent pas qu’on sache, ne veulent pas qu’on dise, mais acceptent sans mal qu’on meure.

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